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DESCRIPTION D'UN DISPOSITIF D' INCLINAISON DU MAT

SUR UN VOILIER LANAVERE 510 (L17)

   Cette modification permet au voilier de passer sous un pont n'ayant pas un tirant d'air suffisant. Il facilite aussi le démâtage pour des interventions en partie haute du mât:  poulies, girouette etc... mais aussi pour le transport du bateau, ou son hivernage.

Voir la vidéo:   http://biasini.free.fr/2011/bateau_sous_pont.avi

PRINCIPE:

Il consiste à

-réaliser une articulation au niveau du pied du mât

-ajouter 2 bas haubans dont leur partie inférieure s'articule exactement en face l'axe de pivotement du mât.

-Intercaler un palan entre l'extrémité inférieure de l'étai et sa cadène de fixation, à l'avant du voilier

-Placer un espar, entre le pied du mât et le palan.

 

 

DESCRIPTION

  J'ai supprimé le rail de pied de mât original et réalisé un ensemble articulé.
   Il est nécessaire de surélever l'axe de l'articulation afin que le mât, lorsque il est couché, ne vienne pas s'appuyer sur le capot de la cabine.
  J'ai confectionné et ajusté une cale de bois dur, peinte en jaune sur la photo.
 Au dessus , j'ai positionné un support en "U"  découpé dans une plaque épaisse d'acier inoxydable.
    J'ai solidement fixé en sandwich ces 2 pièces sur la cabine au moyen de boulons traversants et de rondelles larges. En effet, cet ensemble devra supporter une force d'arrachage importante vers l'avant pendant la descente du mât.
   A la base du mât j'ai entaillé une encoche en forme de "U".  Dans cette encoche s'encastre l'axe qui sert de pivot.
   Le mât est donc simplement posé sur son axe de pivotement.
 J'ai toutefois ajouté un "bout" de sécurité qui retiendrait le mât en cas de démâtage intempestif.
   .

A l'origine, le mât du 510 n'est tenu  que par 3 cables:
-2 haubans latéraux  fixés sur les cotés du voilier et en arrière par rapport au mât
-1 étai fixé à l'avant

Si l'on incline le mât vers l'arrière, les haubans latéraux se détendent, le mât n'est plus contrôlé latéralement.  
 Il faut donc ajouter 2 bas-haubans dont les extrémités inférieures seront articulées au même niveau que l'axe de pivotement du pied de mât. 

Le trait vert indique l'axe de pivotement du mât. C'est à ce niveau en A que le bas-hauban pivote.
  Les tirants AB et AC, dont les longueurs sont ajustées, assurent cette fonction.

   L'un des tirants est fixé en B en haut du balcon garde-corps. Lorsque le mât s'incline vers l'arrière du voilier, le bas-hauban bh pivote autour de l'articulation A, pour venir pratiquement dans le prolongement  du brin AB.

   Si l'extrémité du tirant AB avait été fixée en B' au lieu de B, le point A viendrait  en A' lorsque le mât est incliné. bh viendrait dans le prolongement en bh'.
    Le point A' étant bien plus bas que le pied du mât, les câbles se détendent, et le mât est mal maintenu latéralement. Ceci parce que la distance entre B' et la fixation supérieure du bas-hauban est  diminuée.
   J'ai pu le constater lors d'essais, le mât oscille de part et d'autre du bateau. Cela  devient  vite effrayant en cas de roulis

Photo de l'articulation.

Les brins AB et AC sont en fait constitués d'un seul câble.
  Un serre câble à double boulon solidaire des lattes empêche tout glissement. On distingue les écrous en bas à gauche sur la photo.
   Le cordage rouge et le crochet rapide font partie du dispositif du maintien latéral de l'espar.
   En effet, les bas-haubans et leurs tirants restent en permanence sur le bateau. L'espar et ses tirants rouges se démontent, après utilisation afin de ne pas encombrer le pont du bateau durant la navigation.

Le palan est interposé entre l'étai et la cadène située à la proue du voilier.
   Il  peut être actionné depuis le cockpit.

Cette photo a été prise en début de descente du mât

Sans espar, il ne serait pas possible de contrôler le mât, lorsque celui ci serait proche de l'horizontale.
    En effet, l'angle de traction depuis le palan serait totalement fermé.

   L'espar comporte à l'arrière une encoche en forme de "u" qui se positionne sur un axe au pied du mât. Voir photo 2
   A l'avant un boulon traversant assure la liaison avec le palan. On distingue le crochet rapide d'où partent les 2 brins du cordage rouge qui contrôle la verticalité de l'espar pendant la manœuvre.


   Sur la barre transversale du balcon, on distingue un bout terminé par un crochet. On l'accroche à l'étai, en sécurité, pour éviter toute descente intempestive du mât. On le décroche quand on veut incliner le mât.

   Enfin, il faut prévoir un appui à l'arrière du voilier sur lequel reposera le mât en position horizontale, une fois couché. Un "V" ou un "X" fixé au tableau arrière conviendra.


SÉCURITÉ

   Ce type de dispositif de démâtage ne convient que pour un dériveur relativement léger tel que le LANAVERE 510 ou L17.
   Il peut s'ensuivre de graves blessures, y compris mortelles, en cas de défaillance d'un élément. Le risque de chute brutale d'un mât est toujours à évaluer et a prévenir
   Pour réaliser des essais, il est impératif d'utiliser du câble métallique pour les bas-haubans et leurs tirants, les cordages étant trop souples. Excepté les tirants de maintien de l'espar qui sont peu sollicités
   Les serre câbles doivent être serrés à fond.
   En cas de raccordement d'un élément à un balcon, celui-ci devra être solide et parfaitement fixé au voilier.
   Le pied de mât devra être réalisé avec des matériaux largement évalués quant à leur résistance et solidement fixé sur le bateau.
   Le palan , l'étai à l'avant,  la cadène de proue, devront être éprouvés et très solides.
   Des cordages et dispositifs de sécurité doivent être disposés partout où cela est possible.
   Enfin, mesure de bon sens, aucun enfant, aucun spectateur inutile, sous le mât pendant la manœuvre.

10_2011